Dans le Traité de la concupiscence, Bossuet examine avec une rigueur théologique et une éloquence classique le désordre du désir humain né de la Chute. L'ouvrage distingue les mouvements de la chair, de l'orgueil et de l'attachement au monde, pour montrer comment la concupiscence altère la liberté et détourne l'âme de Dieu. Le style, dense, oratoire et méthodique, unit l'autorité scripturaire, l'héritage augustinien et la clarté du grand siècle français. Ce texte s'inscrit dans la littérature spirituelle et polémique du XVIIe siècle, attentive aux débats sur la grâce, la volonté et la réforme intérieure du chrétien. Jacques-Bénigne Bossuet, évêque, prédicateur et théologien majeur du règne de Louis XIV, porta toute sa vie le souci d'instruire, de corriger et d'édifier. Formé par l'étude des Pères de l'Église, nourri de saint Augustin, il fut profondément engagé dans les controverses religieuses de son temps. Son expérience de pasteur et de directeur des consciences explique la gravité de ce traité, qui répond à la nécessité de penser le combat moral avec précision doctrinale autant qu'avec vigueur spirituelle. Je recommande vivement ce livre à qui s'intéresse à la spiritualité classique, à l'anthropologie chrétienne et à la prose française d'autorité. On y trouve une intelligence pénétrante du cœur humain, une langue de haute tenue et une méditation exigeante, mais féconde, sur la condition morale de l'homme.